Paris a entamé le processus de conception d’un remplaçant pour son porte-avions à propulsion nucléaire Charles de Gaulle, avec Naval Group, leader industriel, affirmant que son successeur sera «le plus grand navire de guerre que la France ait jamais construit».

Le 8 décembre, le président français Emmanuel Macron a annoncé le lancement du projet Porte-Avions Nouvelle Génération, qui devrait remplacer le navire amiral actuel de la marine en 2038.

Le ministère de la Défense français a déclaré que le navire devrait avoir un déplacement d’environ 75 000 t et mesurer environ 300 m (984 pieds) de long. Il déploiera une aile aérienne comprenant jusqu’à 30 exemples de chasseurs de nouvelle génération (NGF) actuellement développés par la France, l’Allemagne et l’Espagne, ajoute-t-il.

Une activité d’étude de conception préliminaire de deux ans sera suivie d’études de conception détaillées jusqu’à la fin de 2025, avant un contrat de développement et de construction complets.

«Ce projet permettra de développer des emplois dans la base industrielle et technologique de la défense et d’assurer la pérennité de nos compétences dans la crise sanitaire et économique actuelle», déclare Pierre Eric Pommellet, directeur général de Naval Group. Ses principaux partenaires industriels sur le projet sont les Chantiers de l’Atlantique, Dassault Aviation et TechnicAtome.

Pour atteindre l’objectif de mise en service, Paris s’attend à ce que le nouveau navire commence les essais d’ici 2036. Il sera propulsé par deux réacteurs nucléaires, et comportera également des équipements de lancement et de récupération de nouvelle génération, notamment des catapultes électromagnétiques.

Naval Group note que la propulsion nucléaire a «prouvé sa fiabilité et sa sécurité» à bord de Charles de Gaulle, et assure «une autonomie en mer considérable et une grande souplesse d’utilisation».

Le ministère de la Défense dit qu’il est trop tôt pour décider si la marine doit acquérir un ou deux navires de remplacement, mais note: «deux porte-avions garantissent d’en avoir toujours un en alerte».

Le porte-avions solitaire actuel de la France est entré en service opérationnel en 2001. La marine embarque des chasseurs Dassault Rafale et des avions de détection et de contrôle aéroportés Northrop Grumman E-2C Hawkeye, ainsi que des hélicoptères de soutien.

Les images conceptuelles d’un futur porte-avions publiées par Naval Group montrent le navire transportant une charge complète d’avions de combat NGF et un mélange opérationnel à plus court terme du type aux côtés d’hélicoptères Rafales, Hawkeyes et NH Industries NH90.

Faisant l’objet d’un effort de développement tri-national dans le cadre de leur programme Future Combat Air System (FCAS), le furtif NGF – également appelé SCAF par la France – devrait être une cellule plus volumineuse que le Rafale.

«Le chasseur et les systèmes que nous développons devront être compatibles avec les applications navales, y compris pour atterrir sur un porte-avions», a déclaré le 9 décembre Bruno Fichefeux, responsable du FCAS pour Airbus Defence & Space. «Trouver le bon compromis sera notre défi, et nous y sommes fortement engagés, Dassault Aviation étant le partenaire privilégié.

«Une application navale a un impact sur la structure et la vitesse [d’approche à l’atterrissage], mais peut-être qu’elle peut également aider à augmenter les performances en permettant au chasseur de voler lentement et rapidement», explique Fichefeux.

«Je suis convaincu qu’avec l’expérience combinée de Dassault Aviation et d’Airbus, nous trouverons le bon compromis pour répondre à ces exigences.»